Le PGPE est un des programmes-phares réalisés dans le cadre de l’action de la GIZ au Maroc. Il se décline en 5 composantes avec lesquelles nous prendrons connaissance à travers une série d’entretiens avec leurs conseillers techniques respectifs.<br /> Nous démarrons à travers la publication, en deux parties, de l’entretien avec M. Abdelaziz Mrani; Conseiller Technique en charge de la Composante 4 : « Gestion de l’Environnement Industriel<br /> Vous pouvez retrouver la première partie de cet entretien en suivant ce lien : <a href="http://news.massolia.com/industrie1/cooperation-te…t-industriel-1/">http://news.massolia.com/industrie1/cooperation-te…t-industriel-1</a><br /> /<br />

De quels appuis et partenariats bénéficie la Composante « Gestion de l’environnement industriel » ?

La planification de la composante organisée par la GIZ et le SEEE, implique les principaux acteurs de l’industrie aux niveaux national, régional et local. L’action est assurée en partenariat avec les intervenants directs, et l’appui d’experts nationaux et internationaux. Le système de coopération englobe plusieurs acteurs, telles que les administrations et organisations industrielles nationales, en passant par les associations professionnelles et de zones industrielles, les chambres de commerce et d’industrie CCIS et les services locaux/régionaux des principaux ministères compétents, notamment ceux en charge de l’Environnement SEEE, et de l’industrie MCINT.

La composante agit également en partenariat avec les instruments d’incitation financière, et avec d’autres programmes de la coopération internationale, telles que l’Union Européenne, la KfW, et d’autres projets menés par la GIZ au Maroc ou ailleurs. L’objectif est de créer des synergies, et disséminer des instruments au-delà des zones d’intervention de la composante et leur donner plus de chances d’être traduits en résultats concrets et d’en faciliter l’ancrage au niveau de la politique environnementale.

Quels en sont les résultats concrets ?

En termes de résultats concrets et en chiffres, nous avons pu réaliser à titre d’exemple, grâce à l’application des concepts de la Gestion Environnementale Profitable dans environ 30 entreprises industrielles, quelques 2.5 Mo € d’économies annuelles nettes, via des mesures d’économie des ressources et de réduction des rejets, et des actions d’amélioration sur les plans organisationnel et de santé et sécurité en milieu de travail. Sur le plan politique, les concepts de la gestion environnementale profitable sont adoptés par l’Etat marocain dans le cadre du programme « Moussanada ». Si maintenant une PME souhaite bénéficier d’un appui pour suivre la formation/accompagnement GEP, elle pourra s’adresser à l’Agence Nationale pour la Promotion de la Petite et Moyenne Entreprise (ANPME).

Par ailleurs, et grâce à l’effort de communication soutenu et au partenariat avec les instruments d’incitation financière, environ 3.7 Mo € d’investissements dans la dépollution sont réalisés ou en phase finale de réalisation dans au moins 20 entreprises des zones d’intervention. Nous avons aussi sensibilisé les industriels à l’importance de l’efficacité énergétique, et nous continuerons à le faire davantage. Certaines des entreprises ayant bénéficié de nos activités sont allées jusqu’à mettre en place des systèmes des gestion de l’énergie en temps réel et qui les ont aidé à réaliser des actions d’économie substantielles d’énergie, notamment sur l’électricité et le propane.

Sur un autre plan non moins important, et pour contribuer à répondre aux besoins croissants des industriels en informations environnementales utiles et pertinentes, nous avons développé plusieurs outils de communication avec une approche opérationnelle ciblant les besoins concrets de l’industrie. Ces outils ont connu un grand succès sur le plan national. A titre d’exemple, le guide de lecture des lois environnementales destiné aux industriels, et régulièrement mis à jour, a connu une grande diffusion nationale sur support papier et via plusieurs sites web. Nous recevons plusieurs témoignages de son utilité et de la curiosité des industriels à connaître la suite en termes d’exigences de traitement ou de gestion de tel ou tel aspect de pollution.

Une autre chose aussi importante est que nous avons en parallèle renforcé les capacités de plusieurs dizaines de cadres d’entreprises industrielles et d’administrations, mais aussi d’experts nationaux qui apportent désormais leur pierre à l’édifice. Le renforcement des capacités et le transfert de savoir et de savoir faire étant au cœur du métier de la coopération internationale.

Nous avons également accordé de l’importance aux vertus du networking et continuons à le faire. Pour citer quelques exemples à ce titre, nous avons appuyé la mise en place et le fonctionnement du réseau national des consultants- facilitateurs que nous avons nous-même formés, sur la gestion environnementale profitable. Nous avons également créé à titre pilote le forum pour l’application des lois environnementales à Mohammedia, et nous appuyons actuellement une initiative privée pour la création d’un collectif de zones industrielles pour l’environnement.

Pensez-vous que le Maroc dispose de la base industrielle suffisante pour affronter les défis environnementaux sans que cela n’affecte sa compétitivité ?

Le défi n’est certainement pas facile quand on parle d’un pays émergeant avec un tissu productif à forte prédominance de PME et beaucoup d’ambitions de développement économique et social soucieux des ressources et du patrimoine. Cependant, s’il y a un avantage qu’il faudrait essayer de tirer de cette situation, c’est bien du fait qu’un tel tissu industriel est généralement, même en étant fragile, peut être plus flexible face au changement, à condition que ce changement soit bien préparé et assorti des règles à observer, des moyens de l’accompagner et de l’évaluer. Ce qui n’est pas toujours le cas dans les situations avec des grandes entreprises où les procédures sont bien installées et le changement par conséquent met du temps à se réaliser et à donner ses effets, même si les fonds ne font pas défaut.

Une autre donnée favorable est que la politique environnementale est de plus en plus portée par l’ensemble des départements ministériels, des opérateurs économiques et toutes les couches sociétales. La charte nationale de l’environnement et du développement durable est une confirmation de ce choix, l’unique d’ailleurs.

La conscience que la volonté n’est pas seule garant de la réussite est exprimée dans les politiques et programmes sectoriels intégrant la dimension environnementale, tels que le pacte pour l’émergence industrielle, le plan Maroc vert, le programme énergétique etc. et parallèlement à cela divers instruments ciblant la mise à niveau des entreprises.

Par ailleurs, plusieurs programmes sont en cours pour remédier à la dégradation de l’environnement, des fonds nationaux et internationaux sont mobilisés à cet effet, via le FODEP et de plus en plus désormais via le Fond National de l’Environnement. Le plus important maintenant est de réussir à mettre en place des instruments nationaux pour le financement durable de l’environnement. Le travail sur ce front a commencé par les démarches pour la mise en œuvre du principe pollueur payeur consacrée par la loi et pour la réforme fiscale environnementale entre autres.

Parallèlement à cela, c’est tout l’arsenal législatif, réglementaire et normatif et le système de contrôle qui évoluent, lentement certes, mais en donnant la chance aux opérateurs industriels de s’exprimer et d’être proactifs par leurs initiatives, utiles par leur retour d’expérience. Ajoutons à cela tout ce qu’implique cette évolution sur le plan de la qualification de l’élément humain et celui du transfert des techniques et technologies propres.

Face à ces défis, et avec tous ses programmes, cette dynamique multi-acteurs, et la complexité du secteur multidimensionnel qu’est l’environnement, la bonne gouvernance est alors de mise, et la charte nationale contribuera certes à son amélioration.

Abdelaziz Mrani, GIZ, Conseiller Technique "Gestion de l'Environnement Industriel"


Abdelaziz Mrani
Energéticien de profil, universitaire d’origine, a servi au Ministère de l’environnement depuis 1997, avant d’intégrer la GIZ (ex-GTZ) comme Conseiller Technique du PGPE en 2003, en charge de la composante urbaine (basée à Tanger) jusqu’à décembre 2006, puis responsable jusqu’aujourd’hui de la composante industrielle (basée à Mohammedia).

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