Le sable est une matière particulière tant elle peut être considérée, au regard des choix de politique économiques de promotion du BTP et du tourisme, comme la matière motrice du développement du Maroc. Une ressource pour laquelle se mobilise l’Association des Professionnels du Sable, présidée par M. Hassan Jaï.

La question de la pérennité de cette ressource se pose avec d’autant plus d’acuité que les littoraux marocains sont littéralement ravagés au mépris de toutes les lois et de toutes les circulaires. Il est en effet regrettable que les autorités locales, notamment les communes, ferment leurs yeux sur le manque de respect par les adjudicataires de lots d’exploitations de sable littoral. Soumissionnant pour exploiter quelques dizaines de milliers de mètres cube, ils procèdent, en toute impunité, à l’exploitation de plusieurs centaines de milliers de mètres cube, mettant à mal le cordon dunaire en littoral, pourtant essentiel pour la préservation des zones situées en arrière-pays et protégeant les exploitations agricoles de la salinisation.

Exploitations sauvages de sable au Maroc


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Par ailleurs, les chantiers et projets de développement nationaux requièrent des quantités importantes et croissantes de ce matériau. Pour parler chiffres, le Maroc du bâtiment a besoin de plus de 20 millions de m3 de sable annuellement et ce besoin croitra encore plus avec les nouveaux programmes sociaux lancés depuis 2010. Ceci donne une idée précise des volumes de ce matériau qui risquent d’être prélevés en partie de nos plages. Les projections des besoins de sable s’échelonnent, à l’horizon de 2015 à environ 30 millions de mètres cube, alors même qu’ils atteignent, aujourd’hui les 20 millions de mètres cube. Selon les chiffres officiels, qui datent de 2009, l’offre de sable légale s’élève à environ 11 millions de m3.

Production de sable au Maroc en 2009

Les alternatives existent : Le sable de concassage et de dragage. Le premier est extrait soit de roches massives concassées, soit de zones alluvionnaires (grands oueds). 1 380 carrières ont été recensées, mais seulement une centaine est réellement opérationnelle. Quant au dragage, il consiste à prélever des matériaux du fond de la mer ou des embouchures de rivières sur des gisements avérés et autorisés. Dans les deux cas, le sable est traité pour répondre aux normes de qualité en vigueur. Ceci contraste avec le manque de traçabilité de la filière « sable des dunes ». Il s’agit d’un argument de poids dans un contexte du développement urbain en cours de notre pays et qui exige une mise à niveau intégrale des professionnels BTP, notamment avec le choix de matériaux de qualité.

Hassan Jaï, président de l’Association des Professionnels du Sable, rappelle par ailleurs, qu’au-delà, du soulagement que cela représente pour les zones littorales, le sable de concassage et de dragage « représente une ressource « disponible, techniquement bonne et abordable». En effet, l’équilibre économique des professionnels du sable a pu être préservé malgré la concurrence déloyale des exploitants du sable dunaire, qui par ailleurs, sous-déclarent leurs prélèvements et ne contribuent pas au titre de la T.V.A.

Egalement, très peu de ses carrières pesent leurs chargement et délivrent une facture à leurs clients malgès la circulaire de Juin dernier et le code de la route qui les y obligent.

Les caractéristiques techniques sont reconnues par les professionnels (Le sable de concassage bénéficie, à ce titre de propriétés de granulométrie optimale, autour de 0/5 mm, permettant la conception d’un béton de qualité et le mélange avec le sable de dragage permet d’obtenir un sable plus propre et un béton plus maniable).

Malgré des prix marché identiques (entre 150 et 220 DH le m3), les capacités de production du sable de dragage et de concassage sont encore loin d’atteindre celles du secteur informel. Pourtant, les industriels n’attendent que le signal pour investir et ainsi augmenter leur capacité de production. Ils sont soutenus, dans leurs efforts, par la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement.

Enfin, le Ministère de l’équipement travaille ces jours ci avec l’ensemble des exploitants de carrières (granulats, sables, marbres, argile….) pour l’adoption de la circulaire de la loi 08-01 qui permettrait à celle-ci d’être effective et qui induira une réglementation de l’exploitation des carrières et donnera aux autorités les moyens de contrôle et aux exploitants les moyens de se distinguer.



Hassan Jaï, 35 ans
Ingénieur Génie Civil EHTP & MBA ENPC
Pdt Directoire Rimal et Pdt Association des Professionnels du sable (2010-2011)
Plus de 12 ans dans le domaine des matériaux de construction : ciment, béton et granulat et dans consulting marketing, technique de ventes et logistique.



Rimal, un acteur responsable
Rimal, société établie depuis 1997, au sein du groupe Drapor, dans la production de sable de qualité à travers la mise en place d’un processus de production normé et méthodique.
Le respect plein et entier des préconisations des études d’impact environnemental présentés auprès des commissions provinciales des carrières, bien avant une démarche officialisée de certification marquait un engagement ferme envers des pratiques responsables.
La matérialisation en étant la certification Iso 14001 en 2007, renouvelée en 2010, pour ses sites de Azemmour et de Mehdia.
Elle est la seule à opérer actuellement dans le sable de dragage, Rimal, filiale de Drapor privatisée en 2007. Rimal produit 1 million de m3 de sable par an et pourrait produire 4 millions de m3 rapidement si d’autres autorisations étaient octroyés et la concurrence loyale avec les sables de dunes assurée, selon Hassan Jai, président du directoire. Conformément à la convention d’investissement passée avec l’Etat, en juillet 2008, cette société a investi 300 MDH dans les infrastructures, et s’est engagé dans une démarche exemplaire, avec une meilleure maîtrise des processus de production, et une optimisation des flux des camions et des matières. La société dispose aujourd’hui de 3 plateformes : Azemmour, Mehdia et Larache.
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