Auteur invité

Les pluies diluviennes qui viennent de s’abattre sur l’axe Casa-Rabat coïncident curieusement avec la conférence COP sur les changements climatiques. L’ampleur des précipitations a de quoi surprendre : il est tombé quelques 178 mm de pluie sur Casablanca en une seule nuit, soit la moitié de la moyenne nationale annuelle. A signaler qu’aucun système de voirie au monde ne peut résister, sans dégâts, à une telle densité d’eau dans un tel laps de temps.

Crédit: Snap

Alors que s’ouvre à Cancun un énième débat sur les changements climatiques, force est de constater que tout est lié dans la question environnementale : climat, eau, énergie, biodiversité, … et jusqu’aux répercussions sociales : pauvreté, éducation, santé,… Si tous ces facteurs ne sont pas pris en ligne de compte dans un raisonnement et un mode de gouvernance systémique et écologique, la planète risque gros car les symptômes sont là pour nous le rappeler, et avec insistance.

Après le global, revenons au local. Quoiqu’on se dise, il faut savoir que l’on n’est jamais à l’abri des catastrophes liées à l’eau et à l’environnement. Même avec les politiques et les stratégies les plus judicieuses en matière de gestion et de valorisation de l’eau (Barrages, stations d’épuration, ….), la nature peut s’avérer impitoyable. Conscient de l’urgence environnementale, le Maroc s’est inscrit dans un processus visant à établir et opérationnaliser une charte de l’environnement. Jamais assez, diront certains, mais le Royaume utilise tout de même ses moyens, limités pour la plupart, et les ressources dont il dispose pour être en phase avec le challenge écologique.

Dans les écoles, j’ai vu des enfants dessiner la planète et passer des messages écrits et iconographiques sur la question environnementale. L’avenir, ne concerne-t-il pas en premier lieu les générations futures ? J’ai vu aussi se réaliser des projets de grande envergure : éoliennes, parcs photovoltaïques, écotourisme … Partout, j’ai vu circuler des messages forts : journée de la terre, interdiction du sac plastique noir, expositions, manifestations de quartiers, etc. Une prise de conscience qui se généralise de plus en plus. Or, pour que la communication ait de l’effet sur les comportements, il y a ce décalage qui, dans ce contexte précis, pourrait être fatal.

Pour revenir au focus de cet article, il est à signaler que, comme toutes les ressources naturelles, l’eau n’est de toute évidence plus considérée comme une ressource durable. Et ce n’est pas le déluge qui nous serait salvateur. Bien au contraire, avec les inondations potentielles, la quantité d’eau potable est amenée à diminuer considérablement.

Pour celles et ceux qui ne l’on pas encore fait, il serait d’une grande utilité pour l’environnement d’abandonner immédiatement ce mode de pensée cartésien et irresponsable selon lequel les ressources, et à leur tête l’eau, sont toutes intarissables et/ou renouvelables. Il est de l’affaire de toutes et de tous de rationnaliser son utilisation et d’aider les acteurs (publics et privés) dans cette démarche. Ceci n’est pas une solution miracle, mais une chance pour chacun de nous de contribuer à cet effort national et planétaire.

Yasser Monkachi

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