L’exploitation du sable du littoral, provoque d’importants dégâts écologiques. Cette activité, est par ailleurs, très rentable pour ses opérateurs, mais rapporte peu à l’Etat. En ces temps difficiles, les pouvoirs publics se voient privés de plus d’un milliard de DH par an. Cette somme est l’équivalent de toutes les éventuelles recettes fiscales dont devaient s’acquitter les exploitants de cette matière naturelle.
Le constat est établi par l’Association des professionnels du sable (APS), une organisation qui regroupe le peu d’entreprises qui opèrent dans le circuit formel de ce secteur. Celle-ci évalue les pertes subies par l’Etat et les communes à exactement 1,16 milliard de DH, dont 646 millions émanant de l’exploitation du sable des dunes littorales. Les communes subissent un préjudice estimé à 117 MDH au titre des taxes qui leur seraient dues.

L’Etat et les communes ne sont pas les seuls perdants dans cette affaire. Selon l’Association des Professionnels du Sable, les opérateurs du secteur formel notamment du sable de concassage et de dragage supportent un coût de production qui va au-delà de 70 DH/m3 tandis que le sable issu des dunes accède au marché à un prix de revient qui ne dépasse pas les 15 DH. Pour les responsables de l’APS, cette situation est d’autant plus rageante que l’application du nouveau code de la route a creusé l’écart des marges entre les deux protagonistes puisque les opérateurs formels se sont conformés au respect du tonnage des cargaisons tandis que les exploitants informels ne le font pas.

Le gouvernement avait promulgué en 2002 la loi 08-01, relative à l’exploitation des carrières. Ce n’est qu’en juin 2010 qu’une circulaire du Premier ministre est diffusée pour combler le vide. Celle-ci stipule que les demandes d’exploitation des carrières de sable doivent être destinées et traitées par les services du ministère de l’équipement et du transport qui examine les dossiers avant d’attribuer les autorisations préalables sur la base d’un cahier des charges. La circulaire prévoit également la rationalisation de l’exploitation des carrières de sable ainsi que la mise en place d’outils de contrôle et de suivi des activités des exploitants de carrières. Les pouvoirs publics avaient, en 2008, décidé de mettre fin à l’exploitation du sable de dunes à l’horizon 2012. Or, à quelques semaines de cette échéance, ce pari semble difficile, voire impossible, à réaliser. Et pour au moins trois raisons. D’abord les besoins du pays en sable sont toujours énormes. Ils sont estimés actuellement à plus de 20 millions de m3 et ils passeront à 30 millions à l’horizon 2015. Ensuite, les entreprises exerçant dans le secteur formel n’arrivent pas à s’imposer dans cette activité, puisqu’en dépit d’importants investissements consentis ces dernières années, elles ne parviennent pas à tenir leur engagement vis-à-vis des pouvoirs publics de relever leur niveau de production dans le domaine du dragage et du concassage, en raison de «la concurrence déloyale», selon certains de ces professionnels. Enfin et surtout, l’exploitation de sable de dunes est en expansion. A Larache, par exemple, les autorisations accordées portent sur 500 000 m3 par an, alors que «l’exploitation réelle atteint 1,5 million m3» , selon l’APS

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