1er article d’une série de deux articles sur le sujet des terres rares

Qu’ont en commun les batteries des voitures électriques et les bouteilles en plastique bleu? La réponse est que les deux contiennent du cobalt, un métal rare qui est produit dans le monde à un niveau de 71.800 tonnes par an.

Le cobalt est aussi l’une des matières premières essentielles pour l’Europe, avec l’antimoine, le béryllium, la fluorine, le gallium, le germanium, le graphite, l’indium, le magnésium, le niobium, les métaux du groupe du platine, les terres rares, le tantale ou le tungstène . Selon un rapport publié par la Commission européenne (pdf), ce sont les 14 matières utilisées dans les technologies émergentes qui ont une importance croissante pour l’économie mondiale. Et ceci est d’autant plus vrai que la majorité de la production mondiale provient d’un petit nombre de pays: Chine, Russie, République démocratique du Congo et le Brésil.

Comme le cobalt, ces métaux sont, de plus en plus, utilisés aujourd’hui pour des applications de toutes sortes autour de nous. Un seul PC peut en comporter plus de 30 sortes différentes. Comme il est rappelé dans « Quel futur pour les métaux? », une récente publication par deux ingénieurs français Philippe Bihouix et Benoît de Guillebon, l’Humanité a, sur les trente dernières années, plus que triplé le nombre de métaux utilisés dans l’industrie. Les nouvelles technologies qui révolutionnent tant nos modes de vie ont donc également conduit à une explosion de la demande pour ces matériaux. Le problème est que certains d’entre eux sont rares ou contrôlés par un petit nombre de pays.

Cela pose la question inéluctable des ressources. Développer de nouvelles énergies et de nouvelles technologies qui se basent essentiellement sur des ressources qui s’avèrent précaires est une question sensible.

Vivrons-nous les mêmes tensions avec les métaux qu’avec le pétrole?

« Nous voulons faire comprendre aux gens de cesser de penser que la technologie va nous sauver pour toujours », dit Benoît De Guillebon, directeur du centre de technologie de l’environnement APESA et ingénieur spécialisé dans la métallurgie. « Aujourd’hui, nous avons tendance à penser que l’économie verte est un palliatif parce que nous avons une économie financière qui ne fonctionne pas, et que nous avons des problèmes avec les combustibles fossiles. Nous pensons que nous devons passer au vent, au solaire, mais derrière la question de l’énergie, et le « peak oil » arrivera une autre crise très importante des ressources naturelles, en particulier celle des métaux. »

Le livre des ingénieurs français examine la situation des matériaux les plus critiques:
Dans le cas du cobalt, ses particularités et certaines de ses applications font qu’il est difficile à remplacer. En plus du nickel-hydrure métallique (Ni-MH) et lithium-ion (Li-Ion) des voitures électriques à batterie, il est également utilisé dans les superalliages et dans la pression à froid du circuit primaire des réacteurs nucléaires. Sous la forme d’oxyde de cobalt, il est un additif dans les bouteilles en verre bleu (une tendance marketing des bouteilles d’eau minérale). Cependant, son importance stratégique est entravée par le fait que la moitié de sa production est en provenance de la République démocratique du Congo.

Le gallium et d’indium sont deux métaux rares à l’échelle mondiale, utilisés pour des applications telles que la technologie LED et certaines cellules photovoltaïques, mais aussi pour les communications à fibres optiques, écrans à cristaux liquides ou des écrans tactiles. Bien que l’on estime que la quantité de ces deux éléments dans la Terre est élevée, il s’agit de sous-produits d’autres métaux et les ressources disponibles sont limitées. Leurs prix varient entre 500 et 700 dollars le kilo.

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