Le Maroc, pays non producteur d’énergies fossiles, fait face à de nombreux défis énergétiques: une lourde facture énergétique et un impact sur l’environnement qui n’est pas des moindres. Aujourd’hui, une prise de conscience sur les questions énergétiques s’impose aux divers acteurs économiques marocains. Les initiatives isolées sont d’une faible utilité dans ce contexte.
C’est dans ce cadre que la conférence, première d’un cycle de conférences thématiques “Tribunes Massolia”,, a offert l’occasion pour un débat de fond réunissant plusieurs professionnels, institutionnels et experts autour des applications industrielles et tertiaires de l’efficacité énergétique.

“Comment consommer moins, mieux et moins cher?” C’est par ces mots que M. HOMMAN, Directeur Général de COFELY Maroc, a ouvert la séance. Un exposé qu’il a commencé par un rappel sur la conjoncture actuelle marquée par une augmentation sans précédent de la consommation énergétique au niveau mondial, qui n’est pas sans effet sur les prix de l’énergie, avec un baril de pétrole qui, en 2008, avait franchi le seuil des 133 $. Et qui a aussi, un impact remarquable sur l’environnement qui se traduit par une forte concentration atmosphérique de CO2, ainsi qu’une inquiétante évolution des températures. La Stratégie Énergétique Marocaine, prenant en considération ces réalités, a fixé l’ambitieux objectif d’atteindre une économie d’énergie de l’ordre de 15% d’ici 2020 et de 25% à l’horizon 2030. Un objectif qui peut être atteint en grande partie par le biais de l’Efficacité Energétique (EE). C’est là que des solutions telles que l’audit énergétique s’avèrent d’une grande importance, intervenant au niveau des installations et aménagements des bâtiments industriels et tertiaires, sans porter atteinte au process, a souligné M. HOMMAN. L’audit énergétique, une démarche d’exploitation performantielle obéissant à un contrat de performance énergétique, permet une gestion durable des structures ainsi qu’une réduction significative des couts.

L’intervention de M. A BOUZID, Chef de la division efficacité énergétique de l’Agence nationale pour le Développement des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique (ADEREE) s’est axée sur l’institutionnalisation de l’adoption des normes et pratiques d’EE, ainsi qu’une exigence minimale obligatoire en performance en terme d’EE dans les secteurs industriels et tertiaires (commerces, santé, hôtelier…) qui constitueraient le point de démarrage d’une réelle politique d’EE.

« L’énergie fossile n’est pas renouvelable à l’échelle humaine» Ainsi a repris la parole M.HOMMAN pour présenter les différents exemples de projet d’application d’efficacité énergétique réalisés par COFELY GDF SUEZ, dans différents domaines tel que l’industrie, les infrastructures urbaines, l’habitat, le transport… Une présentation qui a été suivie par les explications plus amples et détaillées de M. BRYANT de GDF SUEZ ENERGIE SERVICES.

L’intervention de M. SARI Président Directeur Général de DPI INGENIERIE a porté sur la démarche KenzEE qui fait valoir des solutions d’optimisation et de performance dans les bâtiments et les installations industrielles. KenzEE, représente les économies d’énergie et donc de couts qui peuvent être atteint grâce à une démarche d’efficacité énergétique. DPI INGENERIE propose l’accompagnement des entreprises dans leurs projets énergétiques par la démarche KenzEE, permettant de transformer une situation de consommation passive de l’énergie en un projet de valorisation énergétique.

Enfin, M.ZEJLI du Centre National pour la Recherche Scientifique et technique (CNRST) qui s’est exprimé sur la place des réseaux intelligents dans l’efficacité énergétique. M.D ZEJLI a commencé par mettre le point sur le gap existant entre le potentiel d’économie d’énergie et les réalisations accomplies au Maroc. Un écart dû principalement aux barrières économique (financement des surcoûts des installations, recherche du retour sur investissement à court terme et défaillances du marché), et aux barrières sociales (déficit d’information, manque d’incitation à l’adoption de nouvelles technologies, faible développement des sociétés de services énergétiques (ESCOs)). M. ZEJLI n’a pas manqué de signaler que les campagnes d’incitation à la sobriété revêtent la même importance que les campagnes de sensibilisation à l’efficacité énergétique. Venant au sujet de la production et gestion de l’énergie électrique, M. ZEJLI a présenté les réseaux intelligents comme le moyen permettant d’intégrer l’énergie éolienne, photovoltaïque et thermosolaire à concentration ce qui permettra d’une part, un mix énergétique durable et diversifié et d’autre part, un meilleur contrôle, interactive et plus efficient de la demande par l’alliance des réseaux électriques et informatiques.

La conférence s’est conclue par une session de questions-réponses et un échange des divers points de vue entre intervenants et invités. L’écoute des différents intervenants, professionnels, institutionnels et experts a confirmé l’existence d’une réelle volonté du changement et de diverses actions menées dans ce sens, dans un climat garantissant la synergie et la cohérence entre institutionnels et opérationnels dans le cadre d’une stratégie nationale structurante de l’efficacité énergétique.

Rajae AMINE

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