Dans notre capacité culturelle à intérioriser la souffrance et à faire preuve de fatalisme, Lyautey est un exemple à part. Tout petit déjà, maman m’en parlait en bien. Les années passèrent et puis j’ai osé posé la question : « Dis maman ! Comment on peut dire du bien de quelqu’un qui a géré l’exploitation et la colonisation de notre pays pendant des décennies ? » (NDLR : Le syndrome de Stockholm trans-générationnel…).

Arrivèrent les années de collège et avec elles, les premiers cours sérieux d’histoire et j’ai compris que, sans lui, le Maroc serait quelque part entre le Niger et le Tchad en termes d’infrastructures. Casablanca et son port, c’est lui. Les Offices Chérifiens c’est lui. Les chemins de fer, c’est lui. Une autre bêtise aussi, et celle-ci allait dégénérer. Il avait ouvertement parlé de « Maroc utile ». Il s’étendrait au Nord du ligne Oujda – Marrakech (le réseau de l’ONCF) . Utile à qui ? à quoi ?

Utile à la force d’occupation qui a méthodiquement organisé l’exploitation des ressources, et a lourdement influencé, jusqu’à il y a très récemment, la marche de ce pays. En effet, 70% de la richesse de ce pays étaient générées dans un rayon d’une centaine de kilomètres autour de Casablanca et les principaux gisements de richesses naturelles se situaient à l’autre extrême d’un réseau ferroviaire centré sur Casablanca.

Le « Maroc inutile » a pris sa revanche. Et ce, en grande partie grâce à la vision exprimée au plus haut niveau de l’Etat. Les énergies renouvelables et le développement durable peuvent être des leviers d’aménagement de territoire. En effet, il est intéressant de constater que les sites choisis pour le déploiement du Plan Solaire Marocain ne connaissaient nulle dynamique économique, exception faite des convois Paris-Dakar ou des studios de film. De la même façon, avant le démarrage des travaux de Tanger-Med, les collines du Nord ne servaient pas à grand-chose sans la mise en œuvre de majestueuses éoliennes. Une dernière note, appellation d’origine incluse, les terres arides de l’Est et du Sud ne sont certes pas fertiles, sont abandonnées mais constituent un terreau suffisamment fertile pour développer la culture extensive de la figue de barbarie. Cela valoriserait une terre oubliée, en développant une culture locale, adaptée (pouvant servir à freiner la paupérisation des sols) et génératrice de valeur ajoutée de par ses débouchés : nutritifs, cosmétiques, pharmaceutiques, et pour le figuier, l’élevage caprin, et comme carburant en biomasse.

Général ! Reposez dans l’oubli !

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