Le ton des communications officielles tout comme la gravité de la situation sur le terrain n’aura pas changé d’un iota. Les « quasi-évolutions » de la situation socio-politique dans notre région ne doivent pas nous faire oublier que, en environnement, tout comme en développement humain, il reste énormèment à faire. Chaque année, le PNUD a publié son rapport sur le développement humain. Et comme chaque année, le Maroc conteste son classement en queue du peloton mondial, remettant en cause la pertinence du mode de calcul de l’Indice de développement humain(IDH). Cette année, le royaume hérite du 130ème rang sur 187 pays, perdant ainsi 16 places par rapport à l’année dernière. Car même si les Marocains vivent plus longtemps (72,2 ans en moyenne), une grande partie reste analphabète, avec un taux d’alphabétisation des adultes d’à peine 56,1% contre 92% pour la Jordanie par exemple. Autre point noir qui désavantage le pays : la durée moyenne de scolarisation d’à peine 4,4 années, et qui n’a pas bougé depuis deux ans. Là encore, le Maroc se retrouve à la traîne puisque des pays comme l’Algérie, la Turquie, le Zimbabwe et la Palestine (territoire occupé et sous embargo) obtiennent de meilleurs résultats avec une moyenne de sept années de scolarisation. Résultat : le Maroc reste bloqué dans la catégorie des pays au développement humain moyen, devancé par des Etats comme l’Egypte, la Jordanie, la Libye ou encore la Syrie. Les champions de la région arabe sont, eux, à chercher du côté des pays du Golfe où les Emirats occupent la 30ème place et le Qatar la 37ème mondiale. Ce constat, nombre d’entre nous, le connaissions déjà. D’ailleurs, globalement, sur les 200 pays de la planète, se proclamer, en permanence, en tête de la cinquantaine du continent africain montre bien qu’il en reste cent cinquante encore (loin) devant.
Il y a quelques jours, c’est un deuxième pavé dans la mare du discours officiel qui a été lancé avec la publication des résultats de l’édition 2012 de l’Indice de Performance Environnementale. Il s’agit d’un indice créé pour évaluer et comparer les politiques environnementales publiques. Tous les deux ans, les universités américaines de Yale et de Columbia publient un rapport étudiant l’efficacité environnementale de 132 pays dans le monde. Le rapport se base sur des indicateurs tels l’accès à l’eau potable, l’exploitation forestière, les énergies renouvelables, la pollution intérieure ou encore la protection des régions sauvages. Ces 22 indicateurs sont ensuite groupés dans deux grandes catégories qui sont l’état général de l’environnement et ses conséquences sur la santé de l’homme, et l’exploitation des ressources naturelles. Sur 132 pays, le Maroc est classé à la 105ème place. Les indicateurs dans le rouge concernent la qualité de l’eau potable, la protection de la biodiversité et le respect d’une pêche contrôlée. Il reste tant à faire et il est grand temps de passer à l’action et de tourner la page de l’incantation.

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