Communiqué – Du 4 au 6 juillet prochain, le GERES mandate une délégation au Forum Africain du Carbone à Marrakech. L’enjeu pour l’ONG est de réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour que la finance carbone devienne un véritable levier de développement pour les populations les plus pauvres.

L’Afrique, continent oublié des marchés du carbone

Les pays en développement doivent-ils attendre de polluer davantage pour pouvoir accéder aux marchés ducarbone ? C’est l’un des paradoxes du Mécanisme de Développement Propre (MDP) tel qu’établi par le Protocole de Kyoto et c’est à cette question que le GERES s’efforcera de répondre dans le cadre du Forum Africain du Carbone à Marrakech. C’est d’ailleurs dans cette même ville que, dix ans plus tôt, avaient été fixées les règles du MDP au terme de la 7ème Conférence des Parties sur les changements climatiques.

Le MDP permet aujourd’hui aux pays en voie de développement de financer, via les crédits carbone, des projets de développement induisant une réduction des émissions de gaz à effet de serre. On constate malheureusement que seuls les pays très polluants, principalement les pays émergents, bénéficient de l’accès à la finance carbone du fait que les possibilités de réduction y sont très importantes. Ainsi,les populations les plus pauvres n’ayant pas accès à l’énergie ne polluent pas suffisamment pour présenter des projets recevables par le MDP. C’est une des raisons pour lesquelles l’Afrique se retrouve en marge des marchés du carbone avec moins de 3% de projets menés sur ce continent. Il est pourtant urgent que ces populations puissent bénéficier, grâce à l’introduction de solutions technologiques sobres en carbone, d’un meilleur accès à l’énergie.

Intégrer le concept de la « Supressed Demand » pour les populations les plus pauvres

Le concept de « suppressed demand » défendu par le GERES et ses partenaires répond à deux enjeux : lutter contre les changements climatiques et atteindre les Objectifs du Millénaire pour le Développement adoptés par les Nations Unies. Le GERES plaide donc pour que les modes de calcul du MDP intègrent mieux cette dimension afin que les pays les plus pauvres puissent avoir accès aux projets de développement via la finance carbone. Cela nécessite d’anticiper la croissance des émissions de gaz à effet de serre dans les pays
les moins avancés dans la perspective de leur future transition économique. Cette méthode permettrait de répondre aux besoins des populations en terme d’accès à l’énergie tout en favorisant leur transition directe vers l’utilisation d’énergies propres.
Swan Fauveaud, directrice de l’Unité Climat du GERES, explique par exemple que « dans le cadre de l’action qui est menée en Afrique de l’Ouest, certains projets tels que la
diffusion de foyers améliorés au Mali pourraient pleinement bénéficier d’une meilleure prise en compte de la « suppressed demand ».

Table ronde organisée au Forum Africain du Carbone en partenariat avec CDC Climat

Suite à la 16ème Conférence des Parties qui s’est tenue à Cancun en décembre 2010, le GERES a été nommé
secrétaire d’un groupe d’experts dont l’objectif commun est de faire mieux reconnaître le principe de la «
suppressed demand ». La délégation du GERES organisera à Marrakech, à l’occasion du Forum, une table
ronde en partenariat avec CDC Climat qui réunira des experts de différents horizons : GIZ, Gold Standard
Foundation, Manna Energy et South South North.

Le GERES est donc plus que jamais déterminé à défendre la vision d’une finance carbone plus éthique et plus
solidaire. Cette participation au Forum Africain du Carbone devrait par ailleurs être une première étape
importante en vue des nouvelles négociations sur le climat qui se tiendront à Durban à la fin de l’année lors
de la 17ème Conférence des Parties. Le protocole de Kyoto arrivant à expiration en 2012, les décisions qui y
seront prises devraient être capitales pour la suite de la lutte contre les changements climatiques.


Chiffres clés :

22% de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité.
88% de la population rurale en Afrique subsaharienne n’est pas raccordée au réseau électrique.
0,1% de l’énergie exploitée en Afrique provient du solaire.
3% des projets éligibles au Mécanisme de développement Propre se situent actuellement en
Afrique.


A propos du GERES :

Le GERES – Groupe Energies Renouvelables, Environnement et
Solidarités – est une association à but non lucratif créée en 1976, dont les
actions visent à améliorer les conditions de vie des populations les plus
pauvres par la mise en œuvre de projets qui réduisent la précarité
énergétique, préservent l’environnement et limitent les changements
climatiques et leurs conséquences. L’association déploie une ingénierie de
développement et une expertise technique spécifique menées en partenariat
avec les communautés et les acteurs locaux.

Techniques d’efficacité énergétique, extension de services énergétiques
favorisant le développement économique local, développement de filières
énergies renouvelables ou de valorisation des déchets sont au centre de son
activité. Aujourd’hui plus de 200 collaborateurs conduisent près de 50 projets
de développement durable innovants, en France et dans 12 pays du Sud.

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