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Le présent article se propose d’établir un état des lieux succinct de l’offre renouvelable de bois-énergie issue des forêts marocaines, de la demande nationale et des principaux secteurs consommateurs. A partir de ce constat, il s’agira de présenter les enjeux et les possibilités qui permettraient à une filière formelle de bois-énergie de contribuer au développement socio-économique du Maroc.

Malgré son rôle indéniable, le bois-énergie souffre d’un manque cruel de reconnaissance dans le contexte de la planification énergétique nationale de la plupart des pays en développement. Ceci peut être dû au caractère transversal du bois-énergie – touchant le domaine de l’énergie, de la forêt, de l’agriculture, du développement rural etc. – qui cause une certaine fragmentation des capacités institutionnelles et laisse donc le bois-énergie l’affaire de personne.
Au Maroc, les données relatives à la demande et à l’offre de bois-énergie sont largement inadéquates, incomplètes ou obsolètes. Ceci empêche le développement de visions holistiques et une définition claire des priorités. De plus un certain cloisonnement institutionnel s’opère entraînant des perceptions biaisées sur (i) le rôle des forêts dans l’offre renouvelable de bois-énergie, comparé à l’agriculture et (ii) le rôle du bois-énergie parmi les principaux facteurs de dégradation forestière.
En conséquence, les services forestiers reconnaissent facilement le bois-énergie comme un des plus importants produits forestiers, néanmoins à des niveaux hiérarchiques plus élevés, le bois-énergie n’apparait pas dans les priorités forestières et énergétiques nationales.

D’après l’ADEREE (Agence nationale pour le développement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique), les pratiques traditionnelles d’utilisation du bois-énergie se perpétuent au Maroc et rythment le quotidien d’une grande partie de la population, notamment en milieu rural : le rendez-vous au hammam, pour l’hygiène, pour le bien être et la convivialité, mais aussi la cuisson du pain au four à bois et le chauffage en hiver. Ainsi la demande nationale de bois-énergie dépasse les 11 millions de tonnes par an et représente 30% de la demande énergétique totale du Royaume. 88% de cette demande de bois-énergie est rattachée au milieu rural. Mais le milieu urbain n’est pas complètement sevré du bois-énergie. Entre autres, les 5000 hammams que compte le Maroc consommeraient 1,25 millions de tonnes de bois par an.
L’offre renouvelable des forêts est estimée à 3,25 millions de tonnes par an. La demande excède donc l’offre renouvelable de bois-énergie au niveau national ce qui causerait une perte annuelle de 30000 hectares de forêts. On voit donc chaque année le capital forestier se dégrader, tel un compte bancaire dont les intérêts ne suffisent pas à subvenir à nos besoins. Ainsi chaque année l’offre renouvelable des forêts marocaines s’érode.

Arnaud GUIDAL
Arnaud Guidal_CV 2012_FR_v8

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