Comment les consommateurs choisissent-ils leurs tomates au supermarché ? C’est la question à laquelle se sont attelés des chercheurs suisses en demandant à un panel de consommateurs qu’ils choisissent, parmi différents types de légumes, ceux avec un moindre impact environnemental, pour ensuite, confronter ces résultats avec ceux des rapports scientifiques. Le résultat ? Des divergences significatives.

Ce travail de recherche publié dans Environment and Behavior, fut réalisé par des chercheurs du Institute for Environmental Decisions, de la ETH de Zurich. Ils rassemblèrent 67 personnes habituellement en charge des achats de leur ménage. Leur âge moyen était de 49 ans et 70% d’entre elles étaient des femmes. Ils reçurent tous 50 francs suisses pour répondre à une série de questions sur leur perception de l’impact environnemental de différents types de légumes habituellement présents sur les étalages des supermarchés. Un des exercices de cette expérience consistait a voir des photos de légumes sur un écran d’ordinateur et de choisir, à chaque fois, entre deux variétés de tomates, pommes de terre et haricots verts, celles qu’ils considéreraient portant une atteinte moindre à l’environnement.

Déduire les effets environnementaux d’une tomate à partir d’information dont nous disposons sur les tablettes de supermarchés n’est pas chose aisée. En théorie, comme l’expliquent les chercheurs, l’idéal d’un point de vue environnemental est de chosir des produits qui aient été cultivés dans une zone géographiquement proches, qu’ils sient de saison et qui proviennent de la filière biologique, qu’ils soient frais et ne soient pas emballés. En réalité, cela est bien plus compliqué et les informations dont disposent les consommateurs peuvent être contradictoires. : Que vaut-il mieux acheter en hiver : une tomate biologique venant du Maroc ou une tomate biologique cultivée sous serre en Suisse ?

Les participants à cette expérience ont tous estimé que la tomate suisse était plus respectueuse de l’environnement. Néanmoins, l’analyse scientifique montre que les kilomètres parcourus par la tomate bio marocaine émettent nettement moins de CO2 que son homologue suisse du fait des émissions générées par les systèmes de chauffage des serres.

Comme pour les tomates, les acheteurs de l’étude ont toujours choisi, légumes par légume, la variété produite localement. Inversement, ceux pour lesquels ils ont estimé le plus fort impact carbone étant pour les légumes cultivés dans les zones les plus lointaines : le légume le plus mal noté étant des haricots blancs provenant de Chine. Les chercheurs ont conclut que le principe critère environnemental, aux yeux des consommateurs était le nombre de kilomètres parcourus. Paradoxalement, ces mêmes consommateurs ne se sont pas intéressés au mode de transport utilisé pour parcourir ces kilomètres.

Les légumes les plus mal notés par les scientifiques à l’issue de leur propre évaluation étaient plutôt les haricots verts d’Egypte et transportés en avion. Curieusement, entre les différents types d’haricots blancs, les experts estimaient que celles provenant de Chine étaient les plus respectueuses de l’environnement, venaient ensuite d’autres conditionnées en conserves, puis d’autres congelées, encore après celles aynt poussé sous serre en Suisse, et enfin les egyptiennes.

Toujours selon les conclusions des chercheurs suisses, le deuxième critère d’évaluation environnementale le plus utilisé par les consommateurs serait celui de sa provenance ou non de la filière d’agriculture biologique. Cependant, les résultats de ce travail ont montré qu’il ne s’agissait pas non plus d’un critère idoine. C’est ainsi que s’explique le choix de pommes de terres suisses issues de la filière biologique, mais ignoraient que celles-ci avaient une empreinte carbone plus élevés du fait de l’utilisation d’extraits d’oxydes métalliques en substitution des fertilisants et insecticides classiques.

Les chercheurs suisses estiment, par ailleurs, que les consommateurs surestimaient l’impact environnemental de certains emballages, alors même que d’autres types de conservation telles la congélation seraient autrement plus préjudiciables.

La méconnaissance globale de la part des consommateurs d’un grand nombre d’informations et éléments permettant une évaluation entière de l’impact environnemental des produits qui leur sont proposés pose le problème selon les chercheurs, de l’information et de la qualité de l’étiquetage des produits de grande consommation.

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