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Article de la série « Les mots du Développement Durable » en collaboration avec « Comprendre le Développement durable », le blog de Dominique Bidou, Expert ddont vous pouvez retrouvez quelques idées à ce lien

Les bienfaits de la société d’abondance nous seront-ils interdits ? Est-il possible de conserver l’abondance tout en réduisant les inconvénients ?

Pour les parisiens, c’est une fois par an. C’est au salon de l’Agriculture que l’on peut admirer les splendides vaches de la race Abondance, fleuron d’une région du même nom où l’on peut les admirer en pleine nature, entre le lac Léman et le Mont Blanc. Vache, Fromage, Qualité de la nourriture, Paysages de montagne préservés, équilibre entre agriculture, qualité de vie, Tourisme, et diversité biologique. Une première approche du mot abondance, un mot qui permet au passage d’évoquer un concept récent, ou plutôt une approche récente d’une vieille affaire : la slow food, en réaction, vous l’aurez deviné, à la fast food. Un mouvement associatif né il y a dix ans, présent dans 50 pays, qui s’oppose aux effets dégradants de la culture de la fast-food qui standardisent les goûts ; qui promeut les effets bénéfiques de la consommation délibérée d’une alimentation locale, qui a des programmes d’éducation du goût pour les adultes et les enfants, qui travaille pour la sauvegarde et la promotion d’une conscience publique des traditions culinaires(1). Voilà une bonne manière de faire du développement durable, pour ceux qui ne savent pas par où commencer…

Abondance de biens ne nuit pas, dit le proverbe, mais ce serait trop facile. Le Bon sens est parfois trompeur, car il ne voit pas tout. Consommer des biens en abondance, c’est aussi, par le Jeu du métabolisme, rejeter des déchets de toutes natures en abondance. La question des gaz à effet de serre illustre parfaitement cette approche où le cycle complet de la vie d’un bien est examiné, et non un simple tronçon de ce cycle. L’énergie est un bon exemple, et on peut affirmer aujourd’hui qu’il y trop de pétrole(2) à la Surface de la planète. Trop de Carbone, en réalité, car le pétrole n’est que la figure de proue d’une série de combustibles, charbon et Gaz, y compris les matières riches en pétrole comme les schistes bitumineux, etc. Il y en a bien sûr trop, car le facteur limitant, celui qui porte en soi les causes de blocage, n’est pas la ressource mais le rejet. Il faut réduire les consommations d’énergie fossile pour cause de non maîtrise des rejets, et non pas par crainte de la pénurie. Celle-ci ne doit pas être exclue, mais elle est pour le 22ème siècle, alors que le réchauffement climatique et les problèmes qu’il engendre sont pour le 21ème, le nôtre. Entre temps, on pourrait, à partir du charbon, encore très abondant dans certains pays, faire des équivalents gaz ou pétrole, ou encore de l’électricité ou de l’hydrogène pour rendre plus souple l’utilisation de ce stock de charbon. La hausse du Prix de l’énergie, qui peut paraître favorable aux énergies renouvelables, l’est hélas aussi pour d’autres pratiques. L’exploitation des schistes bitumineux, polluante, consommatrice d’eau douce et destructrice de biodiversité, est ainsi devenue une affaire rentable ! La question des rejets reste centrale : C’est pour cette raison que des recherches actives sont lancées depuis quelques années pour tenter de séquestrer ce carbone indésirable dans l’atmosphère, c’est-à-dire l’isoler des gaz de combustion et ensuite l’envoyer dans les profondeurs de la Terre, dans des couches géologiques dont il ne pourra pas s’échapper. On sait à peu près comment faire, mais ça coûte très Cher, et la Course est engagée pour savoir qui trouvera la technique de séquestration à bon marché. L’énergie, on en a à revendre, à la surface de la planète. Nous sommes dans l’abondance. Outre les énergies fossiles, les renouvelables sont multiples. Le Gulf Stream, qui n’est pas le plus puissant des courants marins, charrie cent fois plus d’énergie que l’humanité en consomme, un carré de 350 km de côté au Sahara produirait, grâce au Soleil, assez d’énergie pour satisfaire les besoins du monde entier. Il y a l’énergie des marées, des courants marins et du clapot, de la houle, il y a les ouragans qui ne sont en définitive que des manifestations du trop plein d’énergie à la surface de la planète, puisqu’elle ne l’évacue pas assez vers le ciel et l’espace. Il y a des essais de captation de l’énergie en montagne, du simple fait de la différence de température et de pression en deux Points d’altitude différentes, et toutes les énergies que l’on peur capter dans le sol, en surface ou en profondeur, la biomasse, etc. Il y a encore des progrès à faire : souvent on ne parvient pas à capter l’énergie dans de bonnes conditions, qu’elle soit trop puissante, comme celle des ouragans et des Volcans, ou qu’elle soit trop diffuse, comme le clapot des vagues.
Le Soleil sous toutes ses formes, y compris la production de biomasse sur terre et dans la Mer, nous apporte toute l’énergie dont nous avons besoin. La question est de la capter dans de bonnes conditions, de la stocker et de la transporter, à la rendre proche des utilisateurs, sure et facile d’usage. Et il n’y a pas que l’énergie dans la vie. Attention à ne pas détruire d’autres Valeurs, d’autres Richesses, comme les paysages ou la biodiversité, la reproduction des poissons dans les rivières devenues trop artificielles, etc.
Rappelons-nous, le zéro absolu est à – 273 °. C’est au soleil que nous devons notre température moyenne, où l’humanité et les être vivants de notre planète on trouvé leurs conditions d’équilibre. Le soleil a déjà produit la quasi totalité de l’énergie dont nous avons besoin, mais nous la comptons pas : l’agriculture incorpore de l’énergie fossile, mais en quantité marginale si on la compare à l’énergie solaire dont elle bénéficie ; les maisons engrangent l’énergie du soleil à travers leurs Fenêtres, et la conservent si elles sont bien isolées, mais il n’y a pas de Compteur pour en tenir le décompte. En définitive, le plus d’énergie recherché est marginal par rapport à tout ce qui arrive sur la planète. L’énergie est là, elle est abondante, la question est de savoir la prendre utilement, c’est-à-dire sans détruire, en la mettant à disposition de ceux qui en ont besoin au moment voulu (c’est le problème de stockage), et au lieu voulu (c’est le problème du transport), sous la forme voulue.
La question de l’abondance n’est pas dans la quantité de matières, mais dans la capacité à la mobiliser utilement.
Chronique revue le 4 décembre 2009. Première publication le 19 mars 2007

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