Le Centre Marocain de Production Propre (CMPP) a été crée en juin 2000 dans le cadre d’un partenariat public privé ente le Ministère de l’Industrie du Commerce et des Nouvelles Technologies et la Confédération Générale des Entreprises du Maroc (CGEM).

Le CMPP fait partie du réseau international des centres de production plus propres (NCPCs) mis en place dans le cadre du programme conjoint de l’Organisation des Nations Unies pour le Développement Industriel (ONUDI) et du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE). Il bénéficie d’un financement octroyé par le gouvernement Suisse à travers le Secrétariat d’Etat aux affaires Economiques (Seco).

Le CMPP a lancé, au printemps 2011, des tables rondes périodiques baptisées « Les Débats du CMPP ». Ces tables rondes se veulent être un forum d’information, de discussion et un espace d’échange d’expériences sur des thématiques qui interpellent tous les professionnels. Elles seront l’occasion d’exposer les enjeux du développement durable au Maroc, d’en connaître les pratiques et les expériences au niveau international et de les partager d’une manière constructive.
C’est ainsi que des spécialistes et professionnels de la santé, experts en environnement, universitaires et industriels se sont donné rendez vous pour prendre part à la 1ère table ronde, le 10 mai dernier, dans le cadre du cycle « Les Débats du CMPP » portant sur le thème : ‘Santé et développement durable”. Celle-ci a été présidée par M. Mouline a ouvert ce débat en rappelant les missions du centre dans le cadre de la préservation de l’environnement.
En guise d’introduction, Pr Heikel, médecin-expert international, professeur agrégé en Médecine et Spécialiste en santé publique, a apporté un éclairage sur le diagnostic avec les derniers chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) afin de démontrer les conséquences de la non préservation de l’environnement sur la santé. Chaque année, 13 Millions de décès sont attribuables à la dégradation de l’environnement.
Au Maroc il a ainsi rappelé que 26% de la charge de morbidité estimée était attribuable à la non préservation de l’environnement.
Afin de donner une idée sur l’impact socio-économique de la problématique, Pr Heikel a rappelé le coût de la dégradation de l’environnement au Maroc et son impact non négligeable sur le PIB (2,63% de perte en PIB sont en rapport avec l’impact direct sur la santé et la qualité de vie).
Dr Rabie a, ensuite, pris la parole pour s’arrêter sur les principaux facteurs environnementaux générant des problèmes de santé : la pollution des eaux, la dégradation des zones humides, les déchets hospitaliers, la pollution domestique, industrielle et les logements insalubres. Autant d’éléments dégradant l’environnement et la santé de la population. L’exemple d’une seule et unique station d’épuration d’El Hank incapable de gérer les eaux usées et plusieurs décharges sauvages non traitées, fût présenté comme cas patent.
Pr. Heikel a, ensuite, introduit le docteur El Younsi, gastro-entérologue, pour lui demander d’exposer les principales conséquences d’insuffisance d’hygiène de potabilité de l’eau et d’assainissement sur la santé des populations. Il s’est penché sur la problématique de l’hygiène et de la salubrité du milieu et leurs impacts sur les maladies digestives, représentées principalement par les infections virales A et E et les diarrhées aiguës. Ces dernières sont ainsi responsables de 12 % de la mortalité infantile au Maroc.L’hygiène des mains chez les manipulateurs des denrées alimentaires figure en tête de liste des déterminants épidémiologiques de ces pathologies. De même, la potabilité de l’eau et l’accès à cette dernière dans les zones rurales demeurent problématiques et à l’origine de maladies digestives bien que des efforts considérables aient été consentis par l’état en matière de couverture des zones les plus enclavées.
A cet effet, Dr. Chakib Nejjari, de la Faculté de Médecine et de Pharmacie à Fès, à exposer la problématique de la pollution atmosphérique et son impact sur la santé. Il a présenté les différents risques de la pollution de l’air mais a bien précisé que chacun à part ne constituait pas un danger majeur pour les individus .
Conscient des risques de la pollution de l’air notamment des problématiques respiratoires, Pr Nejjari souligna la nécessité d’une véritable veille épidémiologique et de la prévention à travers la voie législative et réglementaire pour la préservation de la qualité de l’air. Le besoin d’agir en réseau et d’impliquer différents secteurs à relever ce défi semble être aujourd’hui l’approche la plus pertinente.
La responsabilité citoyenne individuelle et collective impose dorénavant une approche du développement durable intégrant en amont les moyens de réduire la pollution environnementale.

Le débat a ensuite été ouvert sur la réflexion d’un ingénieur au ministère de la santé sur l’intérêt du développement durable dans la préservation de la santé des populations. En rejoignant l’affirmation du Pr Heikel ; « la santé n’a pas de prix, mais elle a un coût… », il expliqua que la préservation de la santé à travers la sauvegarde de l’environnement ne nécessite pas des dépenses colossales autant qu’elle a besoin d’une meilleure prise de conscience et de gestes élémentaires.

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