Un éventuel blocage des discussions sur le climat à Durban pourrait menacer le Mécanisme de développement propre, qui promeut le financement par les pays riches de projets favorisant les énergies renouvelables dans les pays en développement en échange de crédits d’émission.

Le Mécanisme de développement propre (MDP) offre l’opportunité aux pays industrialisés et à leurs entreprises de financer des projets « propres » (énergie renouvelable, valorisation énergétique des déchets, etc.) dans des pays du sud pour obtenir en contrepartie des crédits d’émissions de carbone.

Il figure parmi les dispositions du protocole de Kyoto qui s’achève en 2012 et dont l’éventuelle prolongation doit être décidée lors de la prochaine étape des négociations sur le climat, prévue du 28 novembre au 9 décembre à Durban (Afrique du Sud).

Les négociateurs de près de 200 pays sont réunis depuis samedi au Panama pour préparer ce sommet et tenter de sauver Kyoto, à ce jour le seul instrument légal qui contraint les pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.

Si l’Union européenne milite en faveur d’une prolongation de Kyoto au-delà de 2012, plusieurs pays développés, Etats-Unis en tête, sont moins enthousiastes.

De leur côté, les pays en développement refusent de poursuivre le MDP si les pays riches ne s’engagent pas pour limiter leurs émissions.

« Mon intuition est que faute de seconde période d’engagement, le MDP n’a pas d’avenir », confie Naoyuki Yamagishi, de l’ONG Fonds mondial pour la nature (WWF).

Martin Hession, président du conseil exécutif du MDP, a pris acte du durcissement des positions des parties, mais il rappelle qu’il n’est pas prévu par le mandat du MDP que le programme prenne fin en 2012.

Cet instrument lancé en 2005 – qui prévoit de contribuer à une réduction de 2,7 milliards de tonnes d’équivalent carbone d’ici 2012 – a fourni une « énorme contribution » à la limitation du changement climatique et au développement durable, souligne-t-il.

« Pour moi, l’impact est vraiment évident », a-t-il e,core déclaré à l’AFP en marge des négociations à Panama.

Devant l’incertitude sur l’avenir de Kyoto, la Banque mondiale a récemment souligné que les investissements dans le MDP sont en stagnation. Ils se sont élevés à 1,5 milliards de dollars en 2010, un montant inférieur aux investissement de la première année, en 2005.

En outre, le MDP est mis en cause par plusieurs associations de défense de l’environnement, qui affirment qu’il encourage les investissements en énergie polluante grâce aux crédits obtenus par les financements de projets propres qui auraient probalement existé hors de ce cadre.

Par ailleurs, beaucoup dénoncent le fait que l’esprit du MDP a été détourné: près de la moitié de ces projets propres ont été investis en Chine, plus gros émetteur de gaz à effet de serre devant les Etats-Unis, et peu d’investissements ont véritablement profité aux pays les plus démunis.

En mai dernier, le nombre de MDP a dépassé la barre des 3.000 projets enregistrés dans 71 pays. Selon l’ONU, 2.600 autres projets étaient alors à diverses étapes de validation.

La Chine est le pays qui a le plus bénéficié des MDP avec 1.361 projets, devant l’Inde (650) et le Brésil (191). En Afrique, les investisseurs sont généralement beaucoup plus frileux à l’idée d’investir dans ces projets, aux lourdes contraintes administratives et techniques.

(AFP)

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