Les fournisseurs d’électricité doivent s’attacher à réduire leur empreinte environnementale pour de multiples raisons : mise en conformité avec des réglementations gouvernementales plus strictes, baisse des coûts grâce à une meilleure efficacité énergétique, réponse à la fluctuation des prix des matières premières, demande des consommateurs plus sensibles à l’environnement. Toutes ces raisons justifient l’adoption d’initiatives internes en matière de gestion énergétique.
Les entreprises de service public, à la fois productrices et consommatrices industrielles d’énergie, occupent une position privilégiée pour favoriser les changements dans le domaine de l’efficacité énergétique qui leur permettront de réaliser des gains financiers et de mieux résister aux variations des coûts dans l’approvisionnement. En progressant dans leurs propres programmes d’efficacité énergétique, elles donneront une impulsion non seulement aux autres secteurs industriels mais également aux décideurs politiques.

Le développement des sources d’énergie renouvelables est la voie de l’avenir. Il reste toutefois un certain nombre de freins importants qui rendent difficile l’adoption de technologies renouvelables à grande échelle. Il s’agit principalement de coût et de difficultés pratiques. Il n’est pas possible actuellement d’utiliser les énergies renouvelables à l’échelle de l’entreprise.

La plupart des entreprises industrielles commencent à se rendre compte des liens entre efficacité énergétique et efficacité opérationnelle. En réduisant les coûts variables associés à la consommation d’énergie, elles peuvent limiter les risques liés à une volatilité des marchés de l’énergie sur le long terme. Dans ce contexte, il devient essentiel pour les entreprises de prendre la mesure des avantages d’une mise en place de système de gestion intégrée de l’énergie permettant à la fois de réduire les coûts et d’améliorer leur image d’entreprise engagée dans le développement durable.

Si de nombreux dirigeants d’entreprises comprennent l’intérêt d’une politique d’efficacité énergétique, ils croient aussi, à tort, que la gestion de l’énergie nécessite des investissements élevés, ce qui peut représenter un frein important dans des entreprises
dont les budgets sont déjà serrés. 40 % des opportunités d’amélioration de l’efficacité énergétique impliquent des projets mineurs peu onéreux d’amélioration continue, basés sur un changement de la culture d’entreprise. La réduction de la consommation d’énergie peut être considérée comme faisant partie de l’aspect coût. Comme l’utilisation efficace de l’énergie n’est pasau centre des préoccupations des entreprises du service public, il est possible d’obtenir des gains significatifs avec une stratégie de type « système D », en saisissant des opportunités d’économies mineures et peu onéreuses.

Malheureusement, les entreprises de service public doivent livrer une bataille difficile pour que la consommation énergétique soit considérée comme un point stratégique. Il n’existe pas encore, dans la réglementation, de système incitatif accordant une forte valeur sociétale à l’unité énergétique.En d’autres termes, elles ne sont pas encouragées à réduire leurs coûts ou à diminuer
leur propre consommation énergétique, à moins d’opérer dans un environnement
réellement concurrentiel. Il est toutefois essentiel qu’elles comprennent que ce modèle va bientôt disparaître et que les consommateurs commencent à exiger des activités plus responsables.
Pour que le système de gestion énergétique soit efficace, la direction doit s’ impliquer et s’engager de manière active. Les cultures énergétiques les plus durables et efficaces sont celles pour lesquelles les dirigeants mettent en pratique les valeurs prônées. La direction doit par exemple accorder autant d’importance à l’efficacité énergétique d’une usine qu’à sa politique commerciale.
Si les entreprises entretiennent une culture adéquate, leurs priorités seront en phase avec une meilleure viabilité énergétique et une plus grande efficacité opérationnelle.
Un deuxième élément essentiel pour ce changement culturel : son appropriation au niveau de l’encadrement de l’entreprise.
Un système de gestion énergétique doit aussi comprendre des objectifs mesurables et des résultats chiffrés pour bien fonctionner. Il convient de fixer des objectifs en termes d’efficacité énergétique à court et à long terme pour pouvoir
mesurer les progrès accomplis à différents stades. La mise en place d’un processus de gestion de la performance avec des mesures est un élément clé car les chiffres permettent de prendre des décisions en se basant sur des données précises. De plus, ces dernières permettent aux dirigeants de l’entreprise de justifier leurs actions et leurs initiatives.

la collaboration industrielle

Enfin, une fois que les différentes entreprises de différents secteurs industriels auront gagné en efficacité énergétique dans leur propre fonctionnement, l’objectif est de rassembler tous ces responsables d’entreprise et les spécialistes pour relever le défi énergétique à un niveau mondial.

Les compagnies d’électricité, à la fois productrices et consommatrices d’énergie, sont dans une position privilégiée pour conduire les changements nécessaires. Elles peuvent avoir un impact sur les pratiques énergétiques en tant que grandes consommatrices d’énergie, mais aussi productrices de l’énergie consommée par leurs pairs de l’industrie. Une collaboration entre secteur privé, gouvernements, instances politiques et consommateurs est nécessaire. Cela a été le cas dans l’armée américaine, en réponse à une disposition législative imposant une diminution des coûts
énergétiques de 30 % d’ici 2015, aux Etats-unis. À Fort Knox par exemple, l’armée américaine a pu diminuer la consommation énergétique absolue de 58 % grâce à un contrat de service avec une
entreprise de fourniture d’énergie.

La mise en place d’un système de gestion énergétique présente, donc, de nombreux bénéfices. À court terme, un tel système permet de mieux gérer la consommation énergétique de l’entreprise. À long terme, les solutions conduisant à un changement au niveau mondial prendront de multiples facettes : technologies de pointe, développement des sources d’énergie renouvelables, collaboration entre secteur privé, gouvernements et consommateurs. Les entreprises publiques, à la fois productrices et consommatrices d’énergie, vont jouer un rôle essentiel dans un changement de la consommation énergétique à un niveau mondial.

Christopher Smith, Directeur Conseil en gestion de l efficacité énergétique, DuPont Sustainable Solutions

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