Les experts nous rappellent souvent que l’énergie la moins chère est celle qui n’est pas utilisée. Cette réflexion symbolise tout le gisement de l’efficacité énergétique, tant en termes de pratiques, d’évolutions techniques, que d’efforts de conception en amont. Si tant les annonces qui se répètent au quotidien sont anxiogènes, il suffit de nous rappeler que toutes les grappes d’innovation décennales ont pris leur origine dans le surpassement de contraintes épisodiques ou structurelles. Ces incitations à l’innovation sont souvent passées par l’émergence de technologies en rupture ou à travers de nouvelles organisations de la production et de la consommation.
Dans le scénario actuel, la contrainte essentielle est la satisfaction des besoins énergétiques mondiaux dans le respect des équilibres environnementaux. L’objectif est ambitieux et réalisable à condition d’agir sur trois leviers opérationnels : une répartition différente des différentes sources d’énergie dans le mix énergétique ; une meilleure efficacité dans l’utilisation de ces sources ; et enfin le captage et le stockage du CO2 après combustion. Au rythme des usages actuels, à l’horizon 2050, l’Agence internationale de l’énergie estime que les émissions mondiales de CO2 pourraient plus que doubler à 60 milliards de tonnes alors qu’il faudrait les amener à 15 milliards. La même agence estime que 38% de l’effort de restructuration du mix énergétique mondial devrait passer par la généralisation des pratiques d’efficacité énergétique.
Dans la plupart des pays développés les gisements d’efficacité énergétique sont les transports et le bâtiment. En France par exemple, sur un total national de 374 millions de tonnes CO2 chaque année, les transports émettent 130 millions de tonnes, et le secteur résidentiel et tertiaire 88 millions. Au Maroc, l’ADEREE estime que le bâtiment génère 36% des émissions de CO2
Mais, dans ces secteurs, les consommations d’énergie sont diffuses. Dans l’industrie, les consommations sont plus concentrées, notamment dans la sidérurgie, la cimenterie et les industries lourdes. Ces secteurs sont très sensibles aux prix de l’énergie. Ils ont donc un intérêt particulier à réduire leur consommation.
Un autre levier reste de mobiliser collectivement nos concitoyens en faveur de nouvelles habitudes dans nos pratiques fondamentales, dans le cadre d’interactions avec les industriels et les autorités. Par exemple, les transports comportent trois axes d’action : l’amélioration du véhicule, le développement de carburants alternatifs, et enfin les évolutions organisationnelles de mobilité.
Dans le bâtiment, la production de chaleur d’origine renouvelable représente un potentiel très important, notamment avec l’énergie solaire pour la production d’eau chaude sanitaire, mais aussi le chauffage des locaux par des dispositifs actifs (capteurs et stockage) ou passifs (mis en jeu par la conception des constructions). A plus grande échelle, celle du quartier ou pour des bâtiments d’une certaine taille, la géothermie représente une option. Enfin, l’isolation par l’extérieur constitue la principale option pour parvenir à une efficacité énergétique de haut niveau mais elle n’est pas toujours applicable dans les bâtiments anciens.
Le dernier grand levier reste celui des comportements, non pas dans la culpabilisation mais dans l’incitation positive. Les comportements plus économes en énergie ne sont pas seulement une question d’apprentissage et de responsabilisation, mais aussi d’aménagement des espaces, d’incitations, d’opportunités.
Le partage et la mutualisation d’équipements sont des réflexes qui ne vont pas de soi mais qui offrent des pistes très sérieuses d’économies. Prenons l’exemple de la consommation d’énergie. L’un des problèmes posés par la consommation d’énergie électrique sont les pics de consommation, qui obligent à mobiliser des sources d’énergie carbonée. Il est crucial de travailler à lisser ces pics. Sur cette base, on peut en outre travailler à améliorer la gestion locale de l’électricité, en valorisant au maximum ce qui est produit sur place, en usant de courant continu afin de réduire les pertes, voire en stockant sur le site à l’aide de volants d’inertie ou d’autres dispositifs de stockage…
Par exemple, les réseaux intelligents devraient permettre à terme de mieux intégrer l’électricité produite localement à partir de sources intermittentes (solaire, éolien). Ces instruments peuvent susciter des résistances. Les compteurs intelligents peuvent être ressentis comme une intrusion. Ces dispositifs, pour être efficaces, ont besoin d’historiques de données, dont la collecte peut représenter une gêne pour les usagers à moins que le gain possible soit important et perceptible.

(Source : ParisTechReview)

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