Le droit à une eau potable, salubre et propre est un « droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme ». Cette déclaration fait partie de la résolution adoptée le 28 juillet 2010 par l’Assemblée générale des Nations Unies. L’objectif de cette résolution est d’accroître les efforts pour fournir « de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ». Afin de poursuivre cet objectif, les États et les organisations internationales sont appelés à « fournir des ressources financières, à renforcer les capacités et à procéder à des transferts de technologies, grâce à l’aide et à la coopération internationale, en particulier en faveur des pays en développement ». Cette résolution est également en ligne avec la 23ème cible du 7ème Objectif du Millénaire pour le Développement (OMD) qui vise à « réduire de moitié, entre 1990 et 2015, les pourcentages de la population qui n’a pas accès de façon durable à un approvisionnement en eau de boisson salubre et à un meilleur système d’assainissement ».

Reconnaître le « droit fondamental de l’eau et de l’assainissement » est primordial dans un contexte de menace sur l’or bleu. D’après les acteurs français de l’eau( Partenariat Français pour l’Eau (2009). Dossier de presse L’Eau, toujours un défi au 21ème siècle ! Les positions portées par les acteurs français de l’eau au 5ème Forum Mondial de l’Eau d’Istanbul du 16 au 22 mars 2009.), « 900 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau potable » et l’eau non potable, responsable chaque année de la mort de 8 millions de personnes, serait la première cause de mortalité dans le monde (diarrhées, choléra, typhoïde, paludisme, dengue, etc.). D’autre part, une gestion durable est nécessaire pour permettre un accès durable à l’eau. Cette ressource fondamentale subit en effet de multiples pressions : demande accrue (eau potable, eau pour l’agriculture et pour l’industrie), changements climatiques induisant notamment une perturbation des précipitations, pollution de l’eau, etc.

Au Maroc, la nouvelle stratégie de l’eau, adoptée en 2009, repose sur six principaux objectifs :
 la gestion de la demande en eau et sa valorisation ;
 la gestion et le développement de l’offre. Cet objectif passe notamment par le recours à la mobilisation de ressources en eau non conventionnelles comme le dessalement de l’eau de mer ;
 la préservation et la protection des ressources en eau, du milieu naturel et des zones fragiles ;
 la réduction de la vulnérabilité aux risques liés à l’eau et l’adaptation aux changements climatiques ;
 la poursuite des réformes réglementaires et institutionnelles ; et
 la modernisation des systèmes d’information et le renforcement des capacités et des compétences.

De nombreuses infrastructures, comme des petits barrages, des grands barrages et des ouvrages de dérivation traditionnels, ont été mis en place afin d’augmenter la capacité de mobilisation des ressources en eau. Cela a notamment permis d’améliorer l’accès à l’eau potable. Ainsi, le taux de branchement individuel est passé, au niveau national, de 81% en 1995 à 96,2% en 2009 (PricewaterhouseCoopers (2012). Le développement durable, synthèse et priorités à l’usage des décideurs marocains.). La gestion de l’eau constitue une priorité nationale au Maroc, pays à climat semi-aride dans la majeure partie de son territoire et disposant de ressources en eau limitées.

Aperçu de la collaboration mondiale sur les problématiques liées à l’eau

La Conférence des Nations unies sur l’eau de Mar del Plata (Argentine) en 1977 est la première conférence intergouvernementale exclusivement consacrée à l’eau. La décennie internationale de l’approvisionnement en eau potable et de l’assainissement fut proclamée par l’Assemblée générale des Nations Unies suite à cette conférence. La création d’un Conseil mondial de l’eau est suggérée en 1992, lors de la Conférence internationale sur l’eau et l’environnement de Dublin et de la Conférence des Nations Unies sur l’Environnement et le Développement (Sommet de la Terre) de Rio. L’Association Internationale des Ressources en Eau (AIRE) reprend cette suggestion en 1994, lors de son 8ème congrès mondial de l’eau.

Conseil mondial de l’eau

Le Conseil mondial de l’eau fut créé en 1996. L’objectif du Conseil est de parvenir à une « vision stratégique commune sur la gestion des services et des ressources en eau pour l’ensemble des parties prenantes ». Le Conseil mondial de l’eau constitue une plate-forme permettant un échange d’expérience et la facilitation de débats sur les problématiques liées à l’eau. Le Conseil regroupe plus de 300 membres regroupant notamment des organisations intergouvernementales et gouvernementales, des entreprises, des associations professionnelles, des institutions universitaires et divers acteurs de la société civile. Le Conseil comprend notamment plusieurs membres marocains comme l’Office National de l’Eau Potable (ONEP) et le Secrétariat d’État auprès du Ministère de l’Énergie, des Mines, de L’eau et de l’environnement, chargé de l’Eau et de l’Environnement. Depuis 1997, le Conseil mondial de l’eau organise tous les trois ans, en collaboration avec le pays hôte, le Forum mondial de l’eau.

Forum mondial de l’eau

Il s’agit du principal événement international dans le domaine de l’eau. Ce forum facilite les échanges entre les différents acteurs de l’eau et les preneurs de décisions du monde pour tenter de trouver des solutions garantissant la sécurité de l’eau. Les Forums précédents furent organisés à Marseille (2012), Istanbul (2009), Mexico (2006), Kyoto (2003), La Haye (2000) et Marrakech (1997). Le 6ème Forum mondial de l’eau (2012), a permis le partage de 1 400 solutions pour l’eau et l’assainissement et l’annonce d’une centaine d’engagements concrets par l’ensemble des parties prenantes. Créée lors de ce 6ème Forum, la plate-forme des Solutions (http://www.solutionsforwater.org) est pérennisée en vue du 7ème Forum mondial de l’eau qui se déroulera en 2015 à Daegu Gwangyeoksi (Corée du Sud).

Marion Klein

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