Dire que Casablanca est polluée relève presque de l’euphémisme. Selon les chiffres officiels, la métropole enregistre les taux les plus élevés des indices de pollution au Maroc (30%) notamment à cause du transport. Avec un parc automobile fort de 2,3 millions de véhicules en 2008 et en croissance moyenne de 5% par an, on trouve là les explications de cette pollution. Cette situation qui inquiète les acteurs qui ont tenu un colloque sur la qualité de l’air organisé par la Chambre française de commerce et d’industrie du Maroc (CFCIM).
Selon les chiffres du secrétariat d’Etat au ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, l’évolution du parc a des effets nocifs sur l’environnement puisque les émissions de gaz toxiques comme l’oxyde d’azote (NOx) se chiffrent à 35 000 tonnes par hectares/an, le dioxyde de souffre (SO2) à 21 000 t/ha, le dioxyde de carbone (CO2) à 7 millions t/an, et autres particules en suspension à 5 000 t/an. Pire, le parc est responsable de 50 à 60% de la pollution devant les industries qui y contribuent aussi très fortement.
En plus de la pollution par trafic routier, plusieurs dépassements de la norme annuelle pour la protection des écosystèmes préconisant 20 ug/m3 – allant parfois à 50 ug/m3 – ont été notés depuis 2004 principalement dans le site d’Ain Sebaâ. Même constats pour les poussières où les dépassements de norme – 50 ug/m3 – ont été notés depuis 2003 dans certaines zones à fort trafic routier. De récentes études ont en outre montré que la pollution de l’air est responsable de la recrudescence des maladies tel que l’asthme, les bronchites, les infections respiratoires, les conjonctivites…Selon l’OMS, 7 millions de personnes sont mortes en 2012 à cause de la pollution de l’air.
Ce colloque était donc l’occasion de regrouper les principaux acteurs marocains impliqués dans la problématique de la qualité de l’air – industriels, institutionnels, bureaux d’études et associations -, mais aussi de tenir des tables ronde et ateliers sur des thématiques comme la politique de la qualité de l’air au Maroc, la gouvernance et les mesures en traitement. Des rendez-vous B to B sont aussi prévus ce mercredi au siège du CFCIM à Casablanca.
La capitale économique compte pourtant un peu plus d’une dizaine stations de mesure de qualité de l’air. Ces stations sont programmées pour recueillir des échantillons d’air toutes les 15 minutes. La Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement a d’ailleurs lancé une étude dont les résultats seront prêts fin 2014. Celle-ci permettra de mettre en place un dispositif de surveillance éco-épidémiologique pour protéger les populations des effets de la pollution. Elle va concerner notamment le teneur en 6 substances (SO2, C0, PM, NOx O3 COV), la mortalité, les problèmes respiratoires ou cardio-vasculaires.

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